Arces-Dilo

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Histoire

 

 

Histoire d'ARCES

 

Arces situé au cœur de la forêt d’Othe dont l’origine du nom semble remonter à 2000 ans avant J-C, quand les Ligures venus d’Orient envahirent le pays : «Othe » signifierait «réunion d’arbres», car «Othe» peut aussi se traduire en sanscrit « Houd » qui signifie assembler. Autrefois, Arces s’appelait : Arcéa au VIIème siècle, Arcère en 1000 (on retrouve ce nom sur les archives municipales en 1828), Artias en 1169, Arces en Othe en 1389, Arces en 1453, Arses en 1518. D’autres formes du nom ont été retrouvées aux archives, notamment Archéa, Arceia (1168), Arcia (1193), Arciae (1125).

 

Du paléolithique au celtique

Du paléolithique, la seule trace est un instrument chelléen découvert à un mètre de profondeur, du néolithique ont été retrouvés des silex taillés : haches polies, percuteurs, couteaux, grattoirs, etc... et dans un bief du grand moulin un instrument en corne de cerf à 3 mètres de profondeur. De l’âge du bronze, nul objet; ce qui ne veut pas dire que la région était déserte. Il semble que l’âge du silex s'y soit prolongé jusqu’aux celtes, car à Coulours il a été retrouvé des silex taillés sur des buttes de scories de fer de l’époque pré romaine.

Époque romaine et gallo-romaine

De nombreuses poteries, furent trouvées vers 1950 au bois de Milly, on y découvrit de nombreux squelettes avec des médailles du Haut Empire. Au hameau de Sévy, on trouva 3 petits vases romains et des médailles en bronze de Favotin, Constantin et Tétricus. De nombreuses voies romaines sillonnent la région notamment celle allant de Sens à Alise St Peine (Alésia) elle passait à Malay, Noé, Vaumort, Cerisiers, Vaudeurs, la Longueraie et Beauciard, Arces, Avrolles, etc...

Saint EBBON

Né dans la première moitié du VIIème siècle, St Ebbon ne fut pas moins illustre par ses vertus que par la noblesse de son origine. Son père était un des premiers comtes du Tonnerrois titulaire de cette contrée, ses parents se résolurent de le destiner à l’étude des sciences, afin de le consacrer au service de l’église. Peu de temps après avoir terminé ses études, il fut obligé de prendre en main le gouvernement de Pagus Tonnerrois qui lui était échu par droit d’héritage. Cependant sa foi était plus grande il se rendit au monastère de St Pierre le Vif à Sens et après avoir renoncé à tous les biens matériels, se soumit à la conduite de l’abbé du monastère. Après la mort de l’abbé, St Ebbon fut choisi pour le remplacer. A cette époque le monastère de St Pierre le Vif brillait de l’éclat de toutes les vertus, St Ebbon sut en soutenir l’éclat. L’Archevêque de Sens, (Géric) l’oncle d’Ebbon mourut vers la fin du règne de Childebert. Pour lui succéder le clergé désigna St Ebbon sur le siège de Saint Savinien. Après une vie bien remplie il décida de se retirer, et le fit à Arces (qui était à 16 miles de Sens) dans une grotte ermitage qui était alors environnée de deux chapelles, l’une dédiée à : la Vierge et l’autre à St Michel. Il existait il y a encore un siècle des vestiges de ces 2 chapelles, et la paroisse a gardé pour premier patron St Michel et pour second St Ebbon.

 

Fête religieuse

Jusqu’à la fin du 19ème siècle, il y avait, le 27 août, jour anniversaire de la mort du saint, une procession religieuse de l’église saint Michel à la fontaine, à la croix plantée près de l’ermitage (cette croix de fer, érigée, près de la fontaine, fut détruite en 1900 par de jeunes anti-cléricaux). On a retrouvé beaucoup de squelettes près de la fontaine, car l’usage du moyen âge était de se faire enterrer dans les lieux saints ou sanctifiés par la présence d’un saint. On note, dans les registres d’état civil que nombre de parents prénommaient leurs garçons Ebbon jusqu’en 1850. En 1863 le conseil municipal décide d’ériger une croix à la mémoire de saint Ebbon au carrefour des Rondeaux et de la route de Brienon.

 

Église St Michel St Ebbon

L’église actuelle date de 1756. Elle a probablement été construite sur l’emplacement de l’ancienne église. Elle a été bâtie dans le style Soufflot (architecte né à Joigny, 1713 1780). Son aspect extérieur n’offre que peut d’intérêt, on remarque cependant, sur le fronton du portail, trois têtes d’anges, que l’on retrouve sur le vieux tabernacle, et au niveau du toit du clocher. Une tête à l’aspect féroce, que certains identifient comme étant celle du dieu Bacchus. Pendant la révolution l’église servit, de lieu de réunion, de salle de bals pour la célébration des victoires de la République et des fêtes civiques.

 

Les cloches

A l’origine de la construction, il n’y avait qu’une seule grosse cloche, deux petites lui furent adjointe en 1822 ; la grosse cloche fut refondue en 1875. Voici les inscriptions que l’on peut lire sur celles-ci.

Sur la plus grosse : « Je m’appelle Anne-Marie, fondue en l’an 1875, pour la commune d’Arces, sous l’administration de MM. Polette Jean, maire, Tessot, adjoint, et Tachy étant curé de la paroisse. J’ai pour parrain M. le baron Brincard Paul Emile et pour marraine Mme Alix Anne Duboys d’Angers, baronne Brincard. P. Rosier Martin fondeur à Recourt (Vosges) ».

Sur une des petites : « L’an 1822, sous le règne de Louis XVIII, j’ai été nommée Caroline par P.L. Salmon, maire de Cerisiers, qui en 1756 a bâti cette église, et par dame Caroline Louise Chauveau, épouse de M. Moreau, médecin à Cerisiers. Cochois, Liebaux et Limaux fondeurs ».

Sur la dernière : « L’an 1822, sous le règne de Louis XVIII, j’ai été nommée Félicitée, par M. Salmon, juge de paix du canton de Cerisiers, et par dame Joséphine Félicitée Barbier, âgée de 34 ans, épouse de M. Michel notaire royal de Fournaudin. »

 

Vestiges actuels ou disparus

La croix St Michel :
Située route de Cerisiers, c’était jusqu’en 1789 année où elle fut détruite, un lieu où les paroissiens venaient en procession le jour des rameaux.

 

La croix St Ebbon
A la bifurcation des routes de Brienon et des Rondeaux. Elle à était érigée sur décision du conseil municipal en 1863.

 

Chapelle St Hubert
Jolie bâtisse située sur la route de Pont-Evrat cent mètres après le carrefour des Menus-Bois. Il n’en reste que quelques pans de murs.

 

Chapelle du Bois de Milly
Il n’en reste rien, elle fut rasée au début du siècle. Il existe encore « le chemin de la chapelle ».

 

Chapelle de la vierge
Son emplacement n’a pu être retrouvé, mais elle existait déjà au IIème siècle, car elle est citée dans l’histoire de St Ebbon. On la retrouve dans les registres d’état civil, plusieurs personnes y ont été inhumées : en 1695 (Charles Cherruet), en 1699 et en 1700.

 

Le chêne de la Liberté
Le premier aurait été planté en 1848. Le chêne actuel a été planté après la guerre de 1870, lorsque le dernier allemand a quitté Arces.

 

La verrerie, hameau d’Arces
Il y avait encore, il y a environ 1 siècle, derrière les bâtiments actuel de la ferme, les restes de deux tours en silex et d’un ancien four. En effet, la verrerie tient son nom d’une ancienne fabrique d’objets en verre, qui a existé jusqu’au milieu du XVIIIème siècle. Le premier gentilhomme verrier cité est Edmond Mathieu, écuyer, maître de la verrerie d’Arces en 1516 et 1518. En 1522 on trouve le nom de François Pilmer, verrier. Sur les registres d’état civil, on voit, à partir de 1692, le nom de François de Colnet, sieur de Longchamp, écuyer, maître verrier. Ce dernier aurait été récompensé par le roi en 1715 pour les réalisations de sa verrerie. Le dernier verrier cité est Jean de Léviston, décédé et inhumé à Arces en 1747. La verrerie s’appelait Verrerie de la Bourgogne. Il y avait, au XVème siècle, trois autres verreries dans la région : au four Gervais (Les Cormiers), au Vieux Verger (verrerie de Jean de Bérulle) et au four Nauldin.

 

Vallée d’Arces ou Vallée du ruisseau de Vareilles
Les anciens d’Arces appellent ce ruisseau « l’Oreille », probablement une déformation de Vareilles. A l’origine du ruisseau, les sources d’Arces, dont une donne en toutes saisons et une seulement à l’époque des pluies. Les eaux de ces sources se perdent rapidement dans le sol, au niveau des Martineaux. Deux Km en aval d’Arces se trouve le thalweg de la vallée, une mardelle appelée « fontaine de l’érable », au fond de laquelle passe un courant souterrain, alimenté en partie par les pertes des sources d’Arces. Autrefois le niveau piezométrique de ce point était assez élevé pour que cette mardelle déborda et forma un ruisseau superficiel auquel s’est substitué le ruisseau souterrain actuel. Le ruisseau d’Arces permettait le flottage du bois jusqu’à la Vanne, et ce jusqu’en 1840. Il dut cesser ensuite par manque d’eau. Le ruisseau actionnait, entre Arces et Vaudeurs, sept moulins sur quatre kilomètres : Le grand Moulin, le petit Moulin (La Belle Ronce), le moulin de la chapelle St Michel, du Pont-Evrat, de la Joncheraie, des prés Beauregard, et de Grange-Sèche.